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 Le jour où une jolie chinoise tacha sa robe

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Abraxas
Poète des sables
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MessageSujet: Le jour où une jolie chinoise tacha sa robe   Jeu 4 Juin - 22:07

William est le genre de mec qui vide ses verres d'un seul trait. Il n'est pas spécialement pressé mais aime faire les choses avec style. William arrive toujours en retard. William a toujours une clope entre les doigts, et pas forcément allumée. Tout est dans le style.

Quand il m'a appelé ce matin j'étais avachi devant mon écran, j'effaçais tranquillement les e-mails que j'avais reçu, ceux pour la pub. J'ai décroché et il m'a dit "rejoins moi au Bouffon à 14h pétante !
- Quoi ?
- j'ai une putain d'idée et j'veux qu'tu sois là !
- Ah ben... ok."
14h ça me laissait le temps d'avaler un truc avant de bouger, faut toujours avoir l'estomac rempli quand William vous invite dans un bar. J'ai cuit au micro-onde le restant de pâtes de la veille, j'ai ajouté un peu de fromage et ai été les bouffer devant l'journal télévisé. Comme ça manquait de gruyère j'me suis levé jusqu'au frigo et j'en ai profité pour prendre la télécommande au passage. j'me suis trouvé un jeu télévisé plein de gens qui rient beaucoup et j'ai laissé. qui va gagner la voiture aujourd'hui ?

Une fois mangé, j'ai choppé un peu de monnaie sur la table de la cuisine et refermé la porte derrière moi. Le Bouffon est à dix minutes de marche. J'évitai quelques passants pressés, en bousculai d'autres et regardai avec plaisir quelques jupes passer, c'était l'été. Il devait être quatorze heures passées de quelques minutes et je rentrais dans le bar. Comme prévu William n'était pas là et je m'installai à une table pour l'attendre. Le serveur vint vers moi et j'en profitai pour lui demander l'heure exacte. Quinze minutes, c'est son retard habituel et j'avais le temps de commander une bière.

Les murs de ce café sont recouverts de caricatures qu'on dirait dessinées à la craie sur ardoise. Ma préférée est celle de Snoop-dog, allez savoir pourquoi, je lui ai toujours trouvé une certaine classe. Et pendant que je me demandais quelle artiste a bien pu dessiner dans la même vie, un rappeur américain et les frères Taloche, je vis William faire son entrée. Il avança directement vers moi et s'assit tout aussi vite. Je lui lâchai un "salut" et lui, regardait mon verre vide puis mes yeux en laissant paraître un rictus incontrôlé.
"Alors, pourquoi tu m'as fait venir ici ?
- Oh pas grand chose, juste envie de boire un verre avec mon vieux pote !"
je nous commandis un verre pendant qu'il me regardait avec ses grand yeux pétillants.
j'avais pas envie de lui demander ce qu'était sa putain d'idée, je savais qu'il ne faisait qu'attendre que je le lui demande et du coup me refusais à le faire.
Son rictus était devenu un sourire et il remuait frénétiquement la jambe droite.
"J'ai trouvé.
- Trouvé quoi putain ? passes-moi mon verre."
il me mit la bière dans la main mais ne la lâcha pas pour autant. ses yeux restèrent plantés dans les miens et ça commençait à me faire chier.
"J'ai trouvé mon vieux ! j'ai trouvé comment m'en sortir !
- T'en sortir de quoi ? tu comptes arrêter le pétard vieux con ?
- Hein ? non ! ah t'es con ! J'ai trouvé comment me sortir de tout ce bordel. De ces jours toujours pareils et de ces pays tous si emmerdants ! tu sais !
- Ah ouais ? raconte."
Il se leva alors et alla arracher un prospectus collé à un mur.
"Lis ça!"
je regardais le bout de papier et remarquai que c'était une invitation dans ce bar à une rencontre plus ou moins fermée de membres d'un site internet.
"Et alors ?
- Et alors, euh... tu comptes devenir un couchsurfeur professionnel ?"
Il remarqua que je n'le prenais pas au sérieux et perdit son sourire un instant. Toute cette discussion, William avait déjà du se l'imaginer. Si je ne jouais pas comme il le voulait, ça pouvait lui ruiner le moral. Je regardai à nouveau le prospectus et m'aperçus que la date de rencontre était le jour même. et l'heure, 14h30.
"Mais enfin William, dis moi ce que tu comptes faire avec ce prospectus ?!
- Le papier, rien, je l'ai trouvé ce matin par terre. Ce qui compte c'est l'idée que ça m'a donné. Y aura plein d'monde !"
Un couple s'installa à la table voisine et William les observa attentivement. Puis regarda l'heure sur son portable et releva les yeux vers moi avec un grand sourire. Il était 14h30.

Différentes personnes arrivèrent peu à peu et s'installèrent à des tables libres. Chacune d'elles, après s'être assise, regardait les autres avec curiosité. William et moi, on savait pourquoi elles étaient là. Un autre grand type, maigre, vint s'installer au bar et glissa un mot à l'oreille du barman. Une petite asiatique vint le rejoindre, elle avait des formes pleines de promesses et un joli sourire. William n'avait toujours pas parlé et regardait avec moi les gens arriver.
Il devait y avoir une vingtaine de personnes à par nous dans le café. Le grand maigre se leva alors avec un grand sourire et invita tous les membres de CS présents, à se rejoindre là où des tables ont été rassemblées. Quelques rires gênés et des chaises qui frottent le sol et voilà toute la bande qui était réunie au centre.
Quand je regardai William pour connaître la suite de son "idée", il avait l'air soudainement épuisé, son visage surexcité s'était transformé en celui d'un enfant pensif. Je passai ma main devant ses yeux pour le réveiller et son regard s'accrocha au mien. Il se pencha sur le coté et sortit de son sac un pistolet comme on en voit dans les séries policières. Il se leva alors et se mit à tirer sur toutes les personnes présentes. une fois son chargeur vidé, le bar se vida de sa population, il ne restait que lui et moi.

J'avais assisté à la scène sans un mot, trop surpris, trop abasourdis par tout ce bruit et ce qu'il était en train de faire. William se réinstalla sur sa chaise et me regarda à nouveau.
"Alors qu'est-ce que t'en penses ?
- Tu... c'était ça ? ton idée ?
- Regarde la chinoise là bas, j'l'ai touché en première, t'as remarqué ?
- Oui...
- J'ai bien vu que t'aurais voulu te la faire, j'suis désolé.
- Pas grave.. Et maintenant ?
- Maintenant, on attends."
Évidemment on entendit vite les sirènes résonner dans la rue dehors. Des crissements de pneus et mêmes quelques cris se mélangeaient au bruit déjà grandissant.
" Bon, ça y est.
- ça y est ?
- J't'ai dis que j'avais une idée pour m'en sortir, ben voilà, c'est le moment."
Il se leva, pris son arme et enleva le chargeur pour le poser devant moi. Un dernier regard et il alla droit sur la sortie, sa main tenant l'arme sous sa veste. Il se tint debout, les jambes légèrement écartées. William est un cow-boy. Il alluma sa clope et tira une longue bouffée.
Au moment où il dégaina, une dizaine de balles lui traversèrent le corps.
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